2019 - Histoires de vie

 Décompte  fait de 2 ans épanouissants,  ceux passés à chanter tous les jours dans le cœur et le chœur, tout le reste ne fût qu'attente, retrait, révolte, parsemés de turpitudes, abaissements, soumissions et mal aux dents. 20-2 font 18 ans néfastes que je perçois aujourd’hui comme un terrible déficit de construction personnelle, loin de l’épanouissement que réclame l'enfance, l'adolescence et la jeunesse humaine.

Chanter aurait pu être mon destin, du moins ma voie…école de sensibilité, de coopération, d'harmonie et de respiration joyeuse…berceau des arts sensibles.

Cultiver la pensée, oui, à condition qu'elle soit une respiration, un élan vers des notes et des signes sur la portée musicale de la vie. La musique de la pensée, inventive, imaginative et créatrice, oui…loin des calculs et méandres de la vérité établie, imposée, qui assèche toute la tendresse que l'enfant réserve à la vie

L'enfant qui attend en vain de la tendresse tend à vouloir en donner au-delà du possible.

Tout doit être tendresse, tendresse reçue, tendresse donnée

Le plaisir sexuel peut être solitaire mais faire l'amour appelle le partage d’une immense tendresse enfin déchaînée et aboutie

Que peut-on attendre de l'avenir d'un couple formé d'une femme qui emploie régulièrement une femme de ménage tandis que l'homme mange habituellement au restaurant ?

En fait tout ce qui relève de ce que nous appelons l'amour tient à un contact de peau à peau. Ce pont de tendresse entre deux êtres, sens en éveil comme dans un endormissement délicieux.

Après une longue montée dans les lacets caillouteux du chemin muletier, la nuit tombe lentement accompagnée d'un silence soudain. Le col est à quelques pas, montée apaisante dans les pâturages abandonnés. Comme un frémissement plus haut à la lisière de la forêt. L'homme s’arrête, les bêtes font silence... chacun, sans doute, inquiet de l’instant en suspens. Pas de craquement, pas de bruit plus haut mais une présence inconnue a stoppé leur marche… sanglier ? vache ou mouton perdu ?


J'ai haï quelques personnes dans ma vie… en sachant pourquoi….     Toi, je n'ai pas réussi à savoir pourquoi

Elle était tellement secrète, impassible ou absente…Nous tenant par la main nous avancions dans la mer sur une petite crique non loin du port. ...nous partions pour nous noyer, lentement, interrogatifs, attendant que l'un de nous renonce. On avance, l'eau baigne nos jambes, nos cuisses, toujours main dans la main. On se détourne, nous renonçons et rentrons sur le sable. On marche, nos mains se séparent sans un mot.

Un autre jour, nous marchons le long des quais… il fait nuit, profonde, l'eau noire bouge dans les rayons des lumières. On s'approche du bord, au plus près du bord … très haut ce quai, assez haut pour s'y jeter corps et âme. Silence total et puis un cri « non arrêtez vous ! ». Le clochard criait en s'approchant de nous. C'est là que nous comprenions notre intention, nous noyer ensemble dans l'eau noire.


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