Enfant, j’ai cherché mon âme
J’ai trouvé mon cœur
Mais n’ai pas trouvé d’âme.
Je vivais sans âme
Entouré d’un monde
Que je n’avais pas choisi
J’ai regardé ce monde
En demandant autour de moi
« Ce monde a-t-il une âme ? »
On m’assura que oui, « le monde a bien une âme ».
Comme j’étais né sans âme
Alors,
J’ai plongé dans le monde
Pour y baigner mon cœur
Je découvris bien vite,
Qu’autour de moi, ce monde
Était sans âme,
Un abîme où mon cœur se perdait
Pris de vertige
Attiré par le vide
Je poussais un cri immense
Un cri fait de rage et d’amour
Ce cri sauva mon cœur d’un terrible désastre
Plus encore
Il lui donna la force
De regarder en face
Ce monde
Que je pensais sans âme
J’ai dit à mon cœur
Laisse-moi ressentir
J’ai dit à mon esprit
Donne-moi à savoir
A comprendre
J’avançais à tâtons
Dans le brouillard du monde
À la recherche d’une âme
Sentant bien que cette âme
Pourrait être la mienne.
Je regardais la Nature
La laissais m’envelopper
Je regardais les humains
Les laissais m’apprivoiser
Avec la nature
Tout était simple
Elle donnait abondamment
Sans réticence aucune
Aliment primaire et dialogue confiant
Sauter de rocher en rocher
Courir sous la pluie dans les herbes mouillées
S’asseoir ou s’allonger le nez vers les étoiles
Pas de problème, que du plaisir.
Avec les animaux
Sauvages ou de compagnie
Il suffit de les rencontrer ou s’en défendre par un cri puissant
Ils sont là, à leur façon
Nous apprennent, par leurs formes et leurs comportements
Qu’ils partagent notre planète
Avec autant de droits que nous.
Avec les humains
C’est plus difficile
Chacun, semble-il dispose d’une âme
Et moi, sans âme, je ne sais les comprendre
Au fait...
Avons-nous une âme ?
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